THEO TOEBOSCH  » Les premiers tombés « 

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Théo Toebosch (1963 ) est archéologue, journaliste et écrivain.

Il collabore comme journaliste au « NRC Handelsblad «  

et est le rédacteur du site :

 » Toebosch’Eigen Tijdschrift « 

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'De eerstgevallenen', detail van de cover van het boek van Theo Toebosch

Commémoration de la mort du Caporal Jules André Peugeot
et du lieutenant Mayer*
C’est ici que tout commença…

Le caporal Peugeot

Le dimanche 2 août 1914, si la France est mobilisée, elle n’a pas encore perdu l’espoir d’une solution diplomatique à l’escalade des événements qui bousculent l’Europe depuis l’assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand d’Autriche à Sarajevo le 28 juin précédent. Le Président de la République avait fait demander aux troupes françaises de reculer à 10 km de la frontière allemande pour éviter le moindre incident susceptible de mettre le feu aux poudres.

Le long de la frontière allemande du Territoire de Belfort, à proximité de la Suisse, un bataillon du 44e R.I. de Montbéliard et du 11ème Dragons de Belfort, qui devaient surveiller et défendre ce secteur, reculèrent jusqu’au village de Joncherey le 1er août 1914.

Le Caporal Peugeot

Le matin du 2 août, deux petits postes furent établis avec mission de surveiller les chemins qui mènent à la Frontière allemande. Le poste de surveillance confié à l’escouade du caporal Jules-André Peugeot, fut installé dans la maison Docourt à l’est du village en bordure de la route de Faverois.Le caporal Peugeot avait sous ses ordres quatre hommes, l’un d’entre eux se posta à l’extérieur pour surveiller les alentours, les autres s’installèrent dans la maison.

C’est la fille de la maison qui aperçut des casques à pointe alors qu’elle puisait de l’eau. La sentinelle donna l’alerte mais le Sous-Lieutenant Albert Mayer, chef de la patrouille allemande, saisit son sabre, son revolver et s’élança au galop vers le poste français. Le caporal Peugeot alerté prit aussitôt son arme et sortit dans la cour pour mettre en joue l’officier allemand qui tira aussitôt trois coups de revolver alors que le caporal lui répondait d’un coup de fusil.

Albert Mayer

Mortellement blessés l’un et l’autre, le sous-lieutenant Mayer, emporté par l’élan de son cheval, alla rouler sur le bas-côté de la chaussée et le caporal fit quelques pas vers la maison avant de s’effondrer au seuil du logis.
30 heures avant la déclaration de guerre officielle, la Première Guerre Mondiale avait fait ses deux premières victimes.

Quelques jours après l’agression de Joncherey, une note allemande essaya d’expliquer que cette patrouille « s’était égarée et avait pénétré par erreur sur le territoire français », ce dont douta l’Etat-Major français. La note se terminait par cette constatation : « Diese Braven waren also die ersten Opfer des Krieges ». Ces Braves furent donc les premières victimes de la guerre.

*Sources : Marc GLOTZ, « A la veille de la Première Guerre Mondiale à Joncherey – Le destin tragique du Caporal Peugeot et du Sous-Lieutenant Mayer», Joncherey, 2011

Présentation : Evelyne Girard
contenu : Patrice Vogt chargé de communication

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